GUIDE
PRATIQUE
DE
PÉKIN

Face aux changements plus ou moins superficiels qui secouent ce vaste pays: ouverture à l'économie de marché, notamment, des pratiques sociales s'instaurent, les contacts avec les étrangers se modifient. Le pays déroute, car cet entrebâillement se fait avec une logique bien hermétique aux cartésiens que nous sommes.

Une chose est certaine, malgré tous les étonnements restant sur ce pays, les dirigeants ont compris qu'une mutation réussie se prépare, qu'elle demande des efforts sur tous les plans même parfois sur celui de la conception que l'on a de l'individu et de la considération que l'on nourrit à son égard.

Que ces données générales ne fassent pas perdre de vue une chose essentielle au visiteur qui va essayer en quelques jours, voire une à deux semaines, de comprendre le pays : la Chine se mérite pour qui sait s'armer de patience et la comprendre : la Chine ne va pas autant vers l'étranger que ce dernier veut aller vers elle tout en s'en défendant...

Une première approche, qui vaut à elle seule le déplacement avec la visite de Pékin (Beijing en phonétique moderne), ou capitale du nord par opposition au temps dynastique où il y a eu une capitale au sud, Nankin. Ainsi donc, ce regard sur la capitale va porter sur ses aspects humains et culturels, traditionnels et aussi qui tiennent compte de l'évolution du goût (musées, lieux de curiosité, arts, artisanat...) et de la volonté de connaître

Les lieux et noms donnés ci-après sont un éveil, des jalons posés pour qui saura en tirer le maximum de profit et de plaisir. Une pensée a été constante : pour l'amateur d'images à voir : celles du passé avec la culture traditionnelle, celles du présent, avec ce qui se fait et aussi d'images à créer, d'où les multiples adresses et téléphones.

Christophe Comentale


Capitale politique et culturelle, la municipalité de Pékin relève, comme toute province, dont elle a le rang, du Conseil des Affaires d’état. La ville s'étend sur 16 800 km2, dont 2700 seulement intra-muros. Elle est en constante mutation et donne l'aspect d'un chantier sans fin. Elle a changé de fonction - elle n'a pas toujours été capitale - au fil des siècles et aussi de nom.
Sous celui de Ji, c'est la capitale du royaume de Yan au 7e siècle avant notre ère, sous la dynastie des Han, au 3e siècle avant J.C., la ville-garnison est chargée de la défense de l’empire ; en 936, elle tombe aux mains des barbares kitans qui en font leur capitale.
Les Mongols l'appellent la ville du Khan (Khanbalik) en 1257.
Lorsque les Ming prennent le contrôle de la région en 1368, Pékin redevient capitale en 1421, et ce, pendant toute la durée de la dynastie des Qing. Le climat est continental, avec des hivers rigoureux, des étés torrides, des printemps et automnes très brefs.

Taxi, autobus, bicyclette, cyclo-pousse, métro (deux lignes avec au total 31 stations) permettent de connaître la ville sous tous ses angles.

Depuis ces dernières années, les étrangers sont en nombre croissant, la seule capitale accueille environ 900 Français.

LES LIEUX DE CULTURE ET DE RENCONTRE

LES PLACES : la notion de place ou lieu de rencontre permet de rassembler sous un même vocable des endroits a priori dissemblables. Sur les uns et les autres, les Chinois se retrouvent, pour des activités qui ne sont pas exactement les mêmes.

- place Tiananmen : c'est la plus vaste place du monde (environ 40 ha) et une création du président Mao Zedong. Il y proclame la république populaire de Chine le 1er octobre 1949. Un million de Pékinois s'y rassemblent en 1976 pour lui rendre hommage.

Au printemps 1989, les manifestations estudiantines et populaires ont lieu sur la place, pour une vie plus libre et démocratique. Le mouvement est réprimé dans la nuit du 3 au 4 juin par les forces armées chinoises. Depuis lors, les lancers de cerf-volant y sont de mise.

La place rassemble des monuments et institutions de première importance (Qianmen, palais de l'Assemblée du Peuple, monument aux Héros du peuple, mausolée du Président Mao, musée d'histoire)

- Qianmen : cette Porte de devant est construite au 15e siècle sous le règne de l'empereur Yongle de la dynastie des Ming (1368-1644), elle était la principale porte entre l'ancienne cité intérieure (tartare) et la ville chinoise au sud. Le quartier est doté de toutes sortes de magasins de vêtements, vaisselle, tissus,...

- le temple du Ciel : réussite architecturale de l'architecture Ming, le parc du temple est un lieu de promenade apprécié des Pékinois, tout autant pour la floraison des arbres, leurs fruits, que pour les formes et proportions tout à fait extraordinaires de certains sujets vieux de plusieurs centaines d'années. L'on trouve ainsi camélias, pêchers, pins et cyprès, plantés sur près de 267 ha. Restauré en 1970, il est ouvert tôt le matin, vers 6h30, et ferme au crépuscule.

Si l'on sort par la porte nord, l'on trouvera, en face, le grand magasin du marché du pont rouge ( hongqiao shichang) : au 2e étage, des antiquités et surtout des objets populaires et artisanaux chinois, ainsi que des perles et pierres dures. (Madame LU Jianping est l'une des très actives négociantes, pour la plupart originaires de la province côtière du Zhejiang, qui vendent ces précieux ornements. - tél. 62.29.11.66 demander le 28728 pour rappel)

- le parc de Beihai : il couvre, au nord de la Cité interdite, une superficie de 68 hectares, dont la moitié est occupée par un lac.

Lieu de plaisance des empereurs, il est depuis le 12ème siècle, aménagé avec des collines artificielles, des pavillons, des palais, des temples et des galeries couvertes. Il offre l'un des meilleurs exemples de parc classique de Chine.

Au sommet de l'île aux Hortensias la tour (dagoba) blanche, édifice baroque de 36 m de haut, construit en 1651 pour la première visite du dalaï-lama, et reconstruit en 1741.

C'est devenu le lieu où l'on fait du canot l'été et du patin à glace et de la luge l'hiver. (ouvert t.l.j.).

Le restaurant Fangshan est le plus célèbre établissement ayant conservé la tradition impériale mandchoue, il est situé près de la Cité impériale, dans un cadre superbe au pied de la colline artificielle de l’îlot Qinghua, baigné par le lac.

Un autre établissement, peu distant, l'hôtel du jardin des bambous, a été installé dans la résidence de An Dehai, grand eunuque de l'impératrice douairière Ci Xi. A la fin de la dynastie, le haut fonctionnaire Sheng Xuanhuai y établit son jardin privé. Le cadre est agréable, noyé dans la verdure, la cuisine de qualité. (tél. : 64032229)

La tradition des maisons de thé est conservée avec la maison de thé des cinq bonheurs : comptoir de vente au rez-de-chaussée et salle de dégustation au premier étage, tables basses et théières anciennes ; ouverte t.l.j. de 12h à 24h. (di'anmen waidajie, 104 - tél. : 64.05.96.48)

- le temple de la Terre : le parc est construit en 1530 et utilisé par les empereurs pour célébrer les sacrifices du solstice d'été. Après avoir été laissé à l'abandon pendant de nombreuses années, il a été rouvert en 1984, et est prisé des Chinois, qui le fréquentent notamment lors de périodes de fêtes. Par exemple, au nouvel an, des objets caractéristiques y sont vendus. Les artistes d'avant-garde y montrent parfois des installations qui rencontrent un intérêt mitigé de la part des promeneurs chinois. (ouvert t.l.j. de 6h30 à 19h30 )

- le parc de l'université de Pékin : fondée au début du siècle dernier, l'université de Pékin a connu les vicissitudes des troubles sociopolitiques : manifestations du 4 mai 1919 révolution culturelle dans les années 60, événements de 1989. Le parc est magnifique, des dénivellations de terrain se partagent des essences arbustives remarquables, et abritent les différents bâtiments des départements, dont le musée du département d'art et archéologie, qui présente dans un cadre superbe des pièces provenant de fouilles auxquelles les enseignants et étudiants ont participé (ouvert tlj de 9h à 16 h - tél. : 62.75.16.67 )

- le temple du Soleil : construit en 1530, il abrite l'autel du Soleil, qui servait aussi pour les sacrifices rituels. Situé au coeur du quartier des ambassades, il est également célèbre pour ses restaurants de cuisine traditionnelle, dans un cadre de verdure (ouvert t.l.j. de 6h30 à 20h30 ).

Le restaurant Xiheyaju offre une carte de spécialités des provinces du Shandong et du Guangdong.

- l'ancien observatoire astronomique : crée en 1249, l'observatoire est construit sur une tour de guet de l'ancienne muraille de la ville. Le bâtiment actuel est édifié entre 1437 et 1466 pour les prédictions astrologiques et la navigation. La terrasse du bâtiment abrite un certain nombre d'instruments mis au point par les jésuites. (ouvert t.l.j. sauf lundi, de 9 à 11h et de 13h à 16h )

LES MUSEES

Les lieux de culture sont bien entendu les musées, ils ne manquent pas à Pékin, quelques-uns ont fait l'objet de réhabilitations remarquables et conservent des fonds prestigieux :

- la Cité interdite et le musée du palais L'ancienne cité impériale, qui abritait le souverain, son gynécée et les eunuques est construite entre 1402 et 1420 par l'empereur Yongle.

Les édifices encore en place sont postérieurs au 18e siècle. Le site a subi transformations, incendies et pillages. Pour le 20e siècle, les troupes japonaises, puis le Guomindang, qui, à la veille de 1949 emporte de nombreuses caisses d'objets, peintures,... qui constituent les fonds du musée du Palais à Taiwan. Les collections ont été depuis complétées par des pièces de provenances diverses.

Fort de ses 720 000 m2 et de ses 800 bâtiments, le site exerce sa magie sur les visiteurs et créateurs (cinéastes, artistes installateurs, photographes).

Différentes expositions sont consacrées en permanence aux porcelaines, aux sculptures, bronzes, peintures, estampages, avec des expositions temporaires qui sont l'occasion de montrer des pièces rares.

(tél. : 65.15.22.55 - ouvert tous les jours de 8h30 à 16h30)

- le musée des monnaies anciennes : des fonds contenant des monnaies anciennes provenant de fouilles archéologiques et de différentes collections sont exposés dans cette forteresse transformée en lieu de conservation du patrimoine historique. (Deshengmen jianlou, district xicheng - ouvert t.l.j. de 9h à 16h sauf lundi - tél. : 62.01.80.73.)

- le musée d'histoire et de la révolution est surtout intéressant pour la partie historique des collections : notamment les objets de fouilles de la période néolithique, les bronzes des dynasties Shang et Zhou, et les matériels d'apparat et statuettes funéraires des dynasties Qin et Han.
(tél. : 65.12.89.86 - ouvert tous les jours de 8h30 à 17h00

- le musée de la capitale. Nouvelle appellation de l'ancien temple de Confucius ou collège impérial.

Il est situé dans une superbe cour plantée d'arbres, des cyprès aux formes tourmentées, datant de la dynastie Yuan. Lieu agréable durant les chaleurs de l'été, le musée abrite des collections archéologiques et des pièces de céramique et porcelaines des différentes dynasties.

Sa restauration, effectuée il y a quelques années, en fait un lieu où les pièces, en nombre peu important, sont présentées avec soin, et bien mises en valeur. Une forêt de stèles, répartie entre la première et la troisième donnent un certain hiératisme à cet ensemble seigneurial : 198 stèles ont consigné les noms des 51 624 candidats reçus au titre de ''bachelier'' (juren) aux examens impériaux ; de même, un ensemble de 189 stèles sur lesquelles l'empereur Qianlong fit graver de 1791 à 1795 les 630 000 caractères formant le contenu des treize classiques confucéens.

Sur la rue, une paire de magnifiques et imposantes stèles de la dynastie Qing intime à tout un chacun de descendre de cheval en ce lieu de respect. (18 guozijian jie - tél. : 64.01.27.99 - 64.01.21.18 - ouvert t.l.j. de 9h à 17h).

- le musée des beaux-arts. C'est le lieu obligé de tout artiste qui désire une médiatisation à la chinoise, en fait un article, court ou long dans les pages culturelles du quotidien du peuple qui rendront compte de la manifestation.

Les expositions sont très inégales, le lieu étant souvent loué ou prêté selon les circonstances. Ainsi, sculpture, peinture traditionnelle en lavis, huiles d'artistes chinois ou expositions temporaires étrangères se côtoient-elles dans un ordre parfois discutable, dans un environnement qui devrait être plus soigné : valorisation du patrimoine obligerait ! (1 wusi dajie dongchang - tél. : 64.01.98.33 - ouvert t.l.j. de 9 à 17h, sauf le lundi)

- le musée Lu Xun : ce musée est dédié au théoricien, homme politique qu'a été Lu Xun (1881-1936) ; il contient manuscrits, lettres, et extraits des classiques chinois copiés par cet écrivain révolutionnaire. De nombreux effets de Luxun sont regroupés selon une scénographie intéressante. A l'ouest du musée, une petite maison traditionnelle dans laquelle il a vécu de 1924 à 1926.
(tél. : 62.25.2265 - ouvert t.l.j. de 9h à 17h)

- le musée Xu Beihong : contient les oeuvres, huiles, gouaches, études et objets personnels de Xu Beihong (1895-1953), aussi connu en France où il séjourne, sous le nom de Jupeon. Ses peintures de chevaux au galop et animaux l'ont rendu célèbre.
(tél. : 62.25.20.42 - 53, Xinjiekou, quartier Xicheng - ouverture t.l.j. de 9 à 12h et de 13 à 17h ).

- D'autres résidences ont abrité les jours de personnages tout à fait dignes d'intérêt, elles valent une visite :

sur la rive nord de houhai, - la résidence de Song Qinling (1893-1981), femme de Sun Yat-sen, dont le jardin date de la fin du 17 ème siècle.
(houhai bei'an, n° 43 - ouvert de 9h à 16h, tél. : 64.03.58.58)

- Mei Lanfang (1894-1961), célèbre interprète des rôles féminins de l'opéra de Pékin. Sa demeure a fait l'objet d'une rénovation très récente. Le fils de Mei Lanfeng, Mei Baojiu continue de chanter les rôles féminins du theâtre chinois (9, huguosi dajie - tél. : 64183598)

- la résidence de Lao She (1899-1966) : l'un des écrivains les plus remarquables du 20e siècle a passé 16 années dans cette résidence chargée des souvenirs de cet homme de lettres (19, fengfu hutong, dengshi xikou)

- la résidence de Guo Moruo (1892-1978), poète et homme de lettres dont la création a parfois bien reflété les préoccupations du pouvoir (ouvert t.l.j. de 9h à 16h - tél. : 66811650).

LES BIBLIOTHEQUES

- la bibliothèque nationale de Pékin : la nouvelle bibliothèque est construite dans le quartier des universités, près du palais des expositions, l'ancienne bibliothèque est toute proche du parc Beihai. Elle contient la production documentaire reçue par dépôt légal et un choix de publications étrangères jugées utiles à l'information et aux recherches des différents utilisateurs.

Un effort particulier est fait sur les nouvelles technologies, notamment pour la numérisation des ouvrages chinois classiques.

- la bibliothèque de la capitale : elle est sise près du temple des lamas et du musée de la capitale, dans l'emplacement de l'ancien Collège impérial, fondé sous les Yuan en 1306 Construite en style traditionnel son cadre vaut la visite.

Une curiosité : un comptoir de vente de stylos -plume réserve au lecteur ou visiteur des surprises quant aux formes et couleurs disponibles. Une bibliothèque des enfants de Pékin est aussi localisée dans ce périmètre.

- la bibliothèque du musée du palais : Elle est située au sud-est du palais, dans les cours anciennement dévolues à l'impératrice douairière, dans les cours du yinghuadian et du shouangong, est riche de 500 000 volumes, de collections d'ouvrages en reliure à ficelle, et des séries de périodiques acquis après 1949. L'accès est rigoureusement réservé aux chercheurs en poste au musée.

L'ancienne imprimerie du Wuyingdian est située au nord-est du palais

LES TEMPLES

- le temple des lamas (yonghe gong):. C'est le temple bouddhiste tibétain le plus connu en Chine et l'un des plus parfaitement restaurés - en dehors de ceux du Tibet même - ; il est constitué d'un groupe de bâtiments abritant la résidence officielle du futur empereur Yongzheng (1723-1736).

En 1792 Qianlong en fait un instrument de contrôle de minorités ethniques

Cinq principaux corps de bâtiments sont ordonnés le long d'un axe allant du plus petit au plus grand. Dans le pavillon wanfu se dresse une statue en bois de santal de 18 m de haut du bouddha Maitreya, drapé de jaune.

En 1949, ce site est déclaré monument historique. Depuis 1979, date de sa restauration, des moines sont présents.

(ouverture t.l.j. de 8h30 à 17h30).

- le temple des cinq pagodes : wutasi : construit en style indien en 1761 il est rénové, puis reconstruit après 1900 lors de l'incursion des troupes franco-anglaises.

Une importante collection de stèles datant des 17e et 18e s est conservée dans le pourtour de l'édifice. Au delà, des pierres gravées de citations diverses ont été encastrées le long des murs. Afin d'empêcher les tentatives de réalisation d'estampages non contrôlées et destructrices, des vitres protègent les surfaces des stèles et bas-reliefs.
(ouvert t.l.j. de 8h30 à 16h30 - tél. : 62.17.29.54)

- le zhihuasi : ou temple noir, surnommé ainsi en raison de ses tuiles d'un bleu profond, il est construit sous les Ming en 1443. Il a conservé des proportions intéressantes, avec les portes du tambour et de la cloche. Il contient des matrices xylographiques ayant servi à l'impression de sutras.
(tél. : 65.25.00.72 - lumicang hutong - Ouvert t.l.j. de 8h30 à 16h30)

- le temple des nuages blancs : baiyunguan ; autrefois principal temple taoïste de Chine du nord. Il abrite un curieux mobilier liturgique et contient d'étranges statues du culte taoïste du siyudian. (ouvert t.l.j. de 6h30 à 16h30 )

LES LIEUX DE CURIOSITES

- la rue des antiquaires ou liulichang : la rue doit son nom à une ancienne fabrique de tuiles vernissées fondée au début du 15e siècle. Librairies, boutiques d'objets populaires et d'antiques se partagent la longue ruelle typique de ce quartier.

- Le rongbaozhai (atelier des trésors glorieux) est l'établissement qui reproduit depuis les dynasties Ming et Qing des peintures célèbres en gravure sur bois tirées en couleurs à l'eau. (19 west liulichang street outside hepingmen gate - tél. : 63.03.33.52 )

- les antiques : la recherche des objets anciens vaut une visite au marché aux puces du quartier Jinsong, connu sous le nom poétique du ''jardin de la famille Pan'' (Panjiayuan) : peu d'antiquités ayant plus de cent ans d'âge, mais des surprises pour les curieux d'objets et amateurs de pierres (M. Ji Ronglun de l'académie chinoise de sciences géologiques - tél.63.82.40.76) est présent pour montrer progressivement des pièces d'archéologie et de vaisselle hors normes. Près de ce lieu, jouxtant le troisième périphérique, un bâtiment regroupe sur plusieurs niveaux des curiosités tout comme au marché hongqiao (voir la rubrique temple du Ciel)

- les marchands de papiers et pinceaux : Le papier xuan de la préfecture de Xuan dans la province du Anhui est des plus célèbres. Sous ce vocable, de nombreuses autres sortes de papiers sont identifiables.

Différents lieux permettent à Pékin de se procurer des papiers de qualité.

Au rongbaozhai, deux ou trois comptoirs sont spécialisés en cette matière si diversifiée. En raison de son historique, cet endroit fait la part belle aux papiers utilisés par les artistes, donc plutôt fins, qui s'imprègnent facilement d'eau. Blanc ou jaune, ivoire incrustés de particules colorées, or ou argent, tous les tons sont possibles.

Dans le quartier dongsi, - le magasin des arts et arts appliqués de Pékin (dongsi beidajie, tél. 64.04.27.71, ouvert t.l.j. de 8h30 à 18h), sur deux niveaux, un grand nombre de papiers, parfois assez précieux, sans vraiment de suivi au niveau des gammes proposées, ainsi que des carnets pour croquis, esquisses, brosses à estampage et tirage de gravures sur bois en couleurs à l'eau. Des métrages de soie sont aussi proposés pour le montage des oeuvres en rouleau.

Pour les pinceaux, une petite boutique, - le monde des pinceaux, présente depuis 1992 plusieurs centaines de ces instruments. Rat, loup, plumes de volatiles,... sont autant de matériaux aptes à devenir de fins ou imposants outils de travail. Les manches, en bambou, corne,... participent également de cette diversité. Monsieur Xu Dacheng , originaire du Zhejiang, explique avec professionnalisme la particularité de chacun, et l'utilisation propre qui en est faite : tracé des contours, aplats,...

Dans les alentours du musée des beaux-arts, différents magasins vendent des fournitures pour artistes. Mentionnons dans l'avenue du Quatre mai le xiedetang où l'on trouve encre et pinceaux.

- la reliure Les ateliers de reliure traditionnelle sont, tout comme en occident, de plus en plus rares.

La demande en reliure industrielle ou semi-industrielle nécessite des équipements lourds, qui supposent des investissements que, seules les importantes sociétés d'état peuvent mettre en place.

La bibliothèque nationale de Pékin et celle du musée impérial conservent d'importants fonds anciens pour lesquels la restauration est parfois indispensable. Des relieurs et restaurateurs sont présents.

Ainsi, les quotidiens importants de la capitale sont tous dotés d'un département chargé d'opérations diverses de reliure, où les tâches sont mécanisées, et des opérations de sous-traitance parfois effectuées.

Le liulichang possédait il y a une vingtaine d'années un atelier de reliure traditionnelle, tout comme il existait des artisans qui travaillaient à la commande. La qualification des ouvriers était très faible, ces derniers étant parfois employés également comme journaliers dans d'autres unités de travail. Les artisans-relieurs ne sont plus nombreux maintenant,

Monsieur Ren Zhi, est le directeur de - l'atelier de reliure et d'impression ancienne, le plus fidèle à cette tradition reprise il y a une quinzaine d'années à ce site célèbre. Son établissement est caché au fond de quartiers bien éloignés du centre, et peu faciles à trouver. Le détour en vaut la peine !

Monsieur Ren apprécie les éditions qui ont quelque originalité, mais les tendances de la clientèle ne semblent pas aller forcément en ce sens. Ses presses permettent la confection de reliures traditionnelles, en ficelle, parfois aussi en accordéon, plus rarement, cependant, en raison du peu de maniabilité de ce type de document.

Il ne constitue pas vraiment de stock qu'il peut suivre, car en amont, a

ucune gestion en continu n'est faite. Actuellement, plusieurs types de documents sont commandés à cet artisan : les reéditions de livres anciens, notamment des dynasties Song, Ming, Qing, ou, également des commandes de congrégations bouddhiques asiatiques, et, de façon sporadique, les demandes très ponctuelles de créateurs chinois, qui ont un financement personnel.

La dizaine d'ouvriers qui travaillent avec monsieur Ren comprend son fils, d'autres personnes de sa famille, et du petit village où se trouve la société. Pour toutes les commandes, le processus est à peu près le même : il faut procéder à l'impression manuelle des planches xylographiques sur place, ou sous-traiter quand il s'agit de clichage en fac-similés ; après séchage des planches et pliage, il est procédé à la mise en place des feuillets. Une vérification systématique est effectuée de la pagination et des marges inférieures qui serviront de point de repère sur la page traditionnelle chinoise. Il est ensuite procédé à la mise en place de la couverture, en papier ou tissu foncé ou à motifs, doublé sur papier, et au perçage des points destinés à d'étuis confectionnables pour ces documents. (guji yinshua zhuangdingchang - tél. : 69.34.26.30, postes 2155 et 2723)

LES LIBRAIRIES

Il existe des petits commerces dans lesquels il est tout à fait possible de louer des livres, bandes dessinées, le plus souvent relatifs aux romans de cape et d'épée. Modernisme oblige, on loue aussi - tout comme en occident - des cassettes de films.

- Une rapide visite au coin librairie du magasin de l'amitié; peut être une bonne prise de contact avec les titres traduits en langues étrangères, français et surtout anglais, auxquels les occidentaux ont accès sur la civilisation chinoise.
(Chang'an jie, ouvert t.l.j. de 9h à 21h30)

- Le quartier liulichang contient des librairies spécialisées en art, ancien ou moderne. La plus intéressante, - Beijing ancient bookstore, propose sur deux niveaux une importante sélection d'albums, périodiques et fascicules sur la peinture, la calligraphie, l'art de la céramique (rez de chaussée), et des collections d'ouvrages classiques en reliure traditionnelle, cahiers montés en reliure à ficelle, regroupés sous emboîtage en tissu ou bois, et également des ouvrages de deuxième main - titres parfois assez rares - en langues occidentales. (premier étage). (Beijing guji shudian, 34 liulichangxijie - tél. :63.03.21.04, t.l.j. de 8h30 à 18h)

- Le quartier des universités , proche de celui des appareils et matériels informatique, est bien doté en librairies.

- Le vent pénètre dans les pins, tel est le nom - tiré d'une poésie - de cette immense librairie au mobilier en bois clair, soigné, qui regroupe toutes les nouveautés tant pour les encyclopédies et dictionnaires que pour la littérature et les ouvrages techniques. L'ambiance est agréable, aussi studieuse que conviviale, Monsieur Xu Minghua, représentant commercial à même souhaité sur les centaines de mètres carrés qui regroupent magasins et bureaux, en distraire quelques-uns pour une cafétéria permettant aux potentiels acheteurs d'être d'abord des lecteurs. (carte de fidélité - haidianlu, n° 46, tél. : 62.62.59.39).

Dans ce même quartier de Haidian, - la librairie chinoise de Haidian, dont le directeur, Monsieur Liang Yongjin a conservé la disposition traditionnelle des ouvrages, plutôt anciens, en reliure à ficelle, posés horizontalement, et tous dotés d'une étiquette signalétique (titre, nombre de cahiers, année d'édition, spécificité de l'édition, et prix !) (Beijing Haidian zhongguo bookstore, haidianxi dajie, n° 39, tél. : 62.55.25.92)

- La librairie des trois saveurs (sanwei shudian) présente sur deux étages tous ouvrages relatifs aux sciences sociales en Chine ; le vendredi soir de 20h30 à 22h30, une animation sur un thème précis, le samedi soir, au même horaire, concert de musique classique chinoise.
(ouvert t.l.j. de 9h30 à 22h30 - 60, fuxingmennei - tél. : 66013204 ).

LA CALLIGRAPHIE

La disparition des machines à écrire traditionnelles, leur substitution par des ordinateurs qui permettent à l'aide de logiciels spécialisés de gérer des polices reprenant des styles calligraphiques anciens, surtout Tang (618-907), n'empêchent nullement de garder à la calligraphie toute sa raison d'être , dans la mesure où le tracé de ces caractères, même simplifiés, continue d'être enseigné.

Certes, l'aspect esthétique est largement minoré depuis quelques décennies, il n'en reste pas moins que toute personne ayant reçu un minimum d'éducation saura parler des cinq styles fondamentaux de calligraphie : écriture sigillaire, petit ou grand sceau, écriture de chancellerie, écriture semi-cursive ou cursive et toutes variantes possibles.

Les revues spécialisées, dont la calligraphie chinoise (zhongguo shufa) continuent de montrer la richesse de cet art du pinceau, du papier, de l'encre de la pierre à encre, quatre trésors conjugués, et consommés par le talent et l'inventivité de celui qui va oser essayer de faire naître un style par son talent, ses dons ou son brio. Les artistes étaient très vite classés en fonction de critères qui voulaient faire prévaloir le génie sur le labeur, pour ce qui est considéré comme la plus haute forme artistique ici.

Différentes expositions et rétrospectives montrent les oeuvres des enfants, jeunes gens, adultes ou amateurs.

Cependant, les lettrés restent à l'abri de la poussière du monde, et continuent d'enseigner à leurs disciples dans leur atelier.

Le travail d'apprentissage est ingrat, les gammes se font, inlassablement, d'après des modèles, et lorsqu'on est un peu plus libre de ses mouvements, en fait, quand le coude est moins raide, l'esprit plus alerte peut vagabonder dans le monde des abstractions - le temps ne compte pas - seule, l'étincelle du hasard peut faire naître un résultat unique ! Les calligraphes en renom sont encore accueillis dans nombre de manifestations avec tous les honneurs qui leur sont dus : une oeuvre offerte leur permettra de résider dans les endroits les plus prestigieux - comme cela s'est fait durant les dynasties passées.

LES GALERIES

Il n'existe pas encore de marché de l'art au sens où l'entendra l'occidental. L'existence d'une galerie suppose a priori des accords avec les autorités administratives, notamment du ministère de la culture, qui doit décider de la pertinence de la manifestation à mettre en place. Ce postulat admis, il est donc possible de visiter quelques lieux d'expositions.

Il n'existe pas de galerie spécialisée en peinture ou gravure ancienne, comme cela est courant en occident. L'art ancien regroupe dans un même lieu des objets bien différents. Le goût du marchand vaudra ensuite toutes les surprises possibles.

Les collectionneurs sont les gardiens des traditions, ou tout au moins de pans bien particuliers de ce qui leur a plu en certains de ses aspects. Les pièces ne sont montrées qu'aux amis, une prudence mesurée est de mise.

LES CREATEURS INDEPENDANTS

Etre artiste en Chine, c'est en général être diplômé d'un département des beaux-arts, devenir au mieux enseignant dans un institut ou dans l'enseignement, voire travailler dans une unité qui ait un tant soit peu à traiter d'édition ou de domaines culturels plus ou moins proches.

Si l'enseignant veut se livrer à l'écriture, il pourra durant ses nombreuses heures de liberté s'essayer à tout ce qui l'intéressera, sinon, il ne sera que le pédagogue qui enseigne les rudiments ou les spécialités d'un domaine particulier.

Nombre de créateurs disparaissent ainsi peu à peu du monde de l'image. L'usure de la création dans un monde qui lui demande une certaine présence, empêche de voir d'autres séquences de vie...

Certains ont eu la chance - ou l'ont cultivée, provoquée - de trouver un contexte plus favorable à une continuité de leur création. Ils ne sont plus affiliés à l'association nationale des artistes, qui permet de participer à l'exposition annuelle des artistes, distributrice de prix, collectionneuse des oeuvres achetées à prix imposé pour exposition lors de manifestations officielles à caractère international.. Ils appartiennent à ce que l'on peut appeler les artistes indépendants qui vivent en intéressant les amateurs et collectionneurs étrangers. Ils évoluent dans les grandes villes, dans des conditions plutôt exceptionnelles.

ET LES ENVIRONS DE LA CAPITALE ?

Ils méritent des visites spéciales, pour lesquelles il faudra prévoir une bonne demi-journée, voire la journée complète :

Le palais d'été (yiheyuan et yuanming yuan), les collines parfumées (temple des nuages d'azur, jardin botanique et temple du bouddha couché), la grande muraille (le site de Mutianyu à 800 mètres d'altitude parmi les hautes collines et les chênes de Mongolie) et les dix-huit remarquables sculptures impériales d'animaux en marbre qui constituent l'allée des esprits'' menant aux treize tombeaux Ming ; le site de Zhoukoudian, où ont été excavés les vestiges de l'Homme de Pékin,...



THE WEST LOOKS EAST
would like to thank

for giving their permisssion to put online
parts of their May-June, 1997 supplement.

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